1 an complet en Indonésie. Tourmente pacifique. Retours, moitié à chaud moitié à froid. Repli sur soi, questionnements, compréhension, contradictions. Analyse.

 

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Janvier 2017.

Après une pause de 2 mois en France remplie de chaleur amicale et familiale, je mettais de nouveau les voiles pour continuer mon full-time-tavel en Indonésie. Le but ? Découvrir autant que possible, puis revenir plus enrichie, vers la France, sans avion. Eventuellement dégoter des opportunités professionnelles – avec toujours quelques projets en arrière-plan. Je me connais, n’étant pas trop théorique et plutôt touche à tout, il ne fallait pas que je restreigne à mon champ d’études pour trouver de nouvelles formations ou activités rémunérées. Eco-tourisme, écriture d’articles, formation de massage/réflexologie, documentaires ou interviews, musicienne en free-lance, cours de langues, traduction/interprétation, volontariat dans un studio de yoga… Tout pouvait y passer. J’avais juré que mon dernier emploi de bureau serait le dernier. A moins de trouver une perle rare.

De janvier a Juin, j’ai un petit peu bourlingué mais suis restée majoritairement à Jakarta, partageant le petit studio d’une amie indonésienne. J’ai été prise d’une sorte de saturation de nomadisme qui donne la flemme de sortir, d’explorer, de se confronter. L’aspect interculturel a commencé à me fatiguer. Du jamais vu dans ma vie. L’envie de stabilité et le compte en banque maigrissant m’ont fait chercher du boulot, bloquée dans cette grande ville, sans pouvoir m’éloigner trop longtemps, sans pouvoir me projeter au cas où j’obtenais des réponses. Ah, la recherche d’emploi à Jakarta. 3 longs mois.

Autour de cet embourbement urbain pollué se construit petit à petit une routine, pour ne pas trop penser à ce qu’on fait là, pour se divertir : verres dans des bars en soirée, cours de salsa, inscription à la salle de sport a défaut de pouvoir marcher dehors ou faire du vélo, cafés avec des amis dans un centres commerciaux climatisés… un point commun ? le consumérisme. Ici les concepts de décroissance, ZD et DIY n’existent pas. Et tu contribues au chaos. La ville de nuit apporte une certaine frénésie, la nature est trop loin après tout, a plusieurs heures d’embouteillages. Et c’est là que mes valeurs ont commencé à se dérégler légèrement, dans un environnement ou aucun aspect ne facilitait leur épanouissement. Moi qui faisait facilement 20 à 30 km de vélo par jour à Paris, je vous assure que Jakarta calme toute ardeur, même les plus entêté.e.s d’entre nous. J’en ai déduit énormément de choses. Mais ceci pourrait faire le sujet d’un autre article.

J’étais consciente que mes idéaux me filaient entre les doigts. J’ai accepté cet inconfort. Au nom de l’adaptation, au nom de l’expérience de vie dans une mégalopole en développement ou l’écologie n’a pas sa place et au nom de ce que j’en tirerais plus tard.

Courant janvier j’avais envoyé une candidature spontanée dans une mi-ONG mi-firme de consulting en management environnemental à Jakarta. Face à l’enthousiasme de mon interlocutrice mais a la lenteur du recrutement j’ai attendu 2-3 mois jusqu’à ce qu’une structure similaire, plus petite et basée en banlieue, les « double » et m’embauche rapidement. Leur but, conseiller les business mondiaux d’huile de palme pour rendre leur chaine d’approvisionnement plus transparente et plus éthique. Hyper intéressant, hyper intellectuel, une transformation positive du système depuis l’intérieur, prometteur, bien mieux payé qu’une ONG classique. La corporate sustainability est un secteur en pointe reconnu, et bien classe sur le CV.

Depuis le 2 juin 2017, je suis plongée dans les problématiques d’huile de palme dans notre bureau à Bogor, a une heure de train de la capitale. Contrat d’un an en tant que Junior consultante et project coordinator.

Je trouve le travail de notre organisation remarquable, la « niche » de notre structure extrêmement intéressante. Nous sommes une vingtaine de techniciens et consultants, indonésiens et européens, les coachs éthiques des géants des business asiatiques. Nous sommes les ponts avec les ONGs si le besoin de lancer l’alerte s’en ressent. Un environnement a la croisée de plein de domaines, multi-acteurs, super excitant. Mon taf de rêve en somme ! J’avais hâte, de bosser pour une cause positive, entourée de gens aux valeurs similaires, dans une ville a taille plus humaine que Jakarta. Un joyeux cocktail de facteurs qui me rendraient plus heureuse.

Les conditions de travail sont très avantageuses (pour un travail de bureau) : flexible, bien rémunéré, coloc pas chère pour le staff mise a dispo, business trips réguliers tous frais payés dans les pays voisins. L’environnement relationnel est très agréable, et linguistiquement chouette car je parle indonésien, anglais et français chaque jour.

Pendant longtemps j’ai cherché ce point de bascule ou moi aussi, comme les collègues, je me mettrai à bosser en soirée et les weekends, je serais passionnée, j’aurais un sentiment de contribution fort qui m’épanouirait.

6 mois et toujours pas. De recherches google en bases de données, de meetings en meetings… quasi systématiquement, au bout de quelques minutes de travail ou de discussion, mon cerveau s’éparpille. Je me mets à penser a plein de trucs en même temps, je m’évade dans mes expériences passées, dans le futur, dans tout sauf la chose en question.

Cela ne veut pas dire que je n’ai rien tiré ni appris. J’ai maintenant une vision bien plus riche et multilatérale du marché de l’huile de palme, dont l’impact ne se limite pas à la mort des orang-outans. Mais, je sens que mes capacités intellectuelles/de concentration/de rendus sont au quart de celles de mes collègues ce qui nous mettent quotidiennement mal à l’aise : moi, ma conscience professionnelle, mon besoin de contribution et cette tendance à l’auto-remise en question permanente.

J’ai senti qu’on croyait en moi mais qu’on ne me confiait pas grand-chose. Je dois faire mes preuves, être davantage patiente, prendre plus d’initiatives. Mais je suis comme ça : plongée dans un nouveau domaine, entourée de consultants indépendants, sans personne qui m’explique ou me mette en confiance ou me fasse suffisamment de retours : je me braque vite. Je me suis sentie très infantile sur cet aspect-là et sais que je dois y travailler.

« Comme les journées sont longues » chantait Tryo.

Les mots sobriété heureuse, quête de sens, émulation, construction, égalité, liberté, autonomie, optimisation du temps et des ressources ont été relégués en arrière-plan. Même dans une ville secondaire indonésienne, il y a vraiment très peu d’espace pour les faire vivre (ou bien, je n’ai pas créé l’espace, ou pas fouillé assez ?). Ici l’environnement est un secteur de métier, pas toujours une vocation. La moyenne des gens incarne d’autres valeurs, toutes aussi louables, mais pas celles-là. L’exemplarité n’existe quasiment pas et les alternatives sont bien planquées. Et c’est tout à fait normal au vu de l’histoire du pays de sa géographie, sa politique, etc. Et j’ai choisi de vivre ici.

Mon moral est squatté par l’inertie, le sentiment de ne pas être là où je devrais, des journées ressenties comme vide de sens. Le tout évidemment saupoudré d’une bonne grosse dose de culpabilité.

Les conséquences ? J’ai contracté des symptômes intéressants et inconnus jusqu’alors : Repli sur soi, manque de patience, légère agressivité et négativité, intolérance rapide à l’inconfort, jugement hâtif, comportement parfois asocial… J’ai compris les gens qui ont la flemme de cuisiner, de sortir voir des amis, de partir en weekend, qui n’ont pas envie de changer ni de découvrir autre chose, qui disent « non » à des occasions que j’aurais trouvé inestimables il y a quelques années. J’ai compris des comportements qui selon moi n’avaient pas lieu d’être, mais qui sont justifiés par l’usure et la résignation. Ces comportements sont une conséquence du caractère de la personne, croisée aux caractéristiques de son environnement. Les deux évoluant en permanence.

Je n’aurais jamais pensé m’associer à ces traits, et pourtant s’il fallait décrire mon état il y a quelques semaines je n’en aurais pas trouvé d’autres… J’ai l’impression d’avoir déjà touché le fond et c’est ça de gagné.

Grosse sortie de zone de confort -volontaire- donc. L’enthousiasme lié au boulot vu comme LE boulot de rêve est en fait partiel, couplé d’une profonde remise en question : pourquoi étais-je plus heureuse il y a quelques mois/années à dormir sur mon backpack dans des gares routières sur d’autres continents, plutôt qu’actuellement ou mon salaire n’a jamais été aussi haut, si « confortable » ? Le concept de « zone de confort » est une bien curieuse chose.

Ce double combo « boulot + cadre de vie » peu épanouissant est tout nouveau pour moi. Je réalise à quel point j’ai toujours eu la chance de manœuvrer la vie que je voulais, aussi riche et rebondissante soit-elle. Je vais faire de mon mieux pour rester, au moins jusqu’en juin 2018, fin du contrat. Encore au nom de ma sacro-sainte volonté d’adaptation – aussi douloureuse soit-elle. Une sorte de délire maso pour en ressortir plus sensible, plus enrichie, plus sage, plus lucide, pour la compréhension du monde qui m’est si chère.

Je réalise à quel point c’est facile de rester dans un carcan, dans un quotidien idéal qu’on construit sur mesure, au gré de nos envies et idéaux. Combien de fois j’ai pensé à la Maison Bleue et a ses habitants que j’ai quittés alors que mon quotidien était complet et parfait là-bas.

Pourquoi être partie ? L’appel de la curiosité. Bonne ou mauvaise idée ? Future will tell.
C’est quand même super dans une vie de pouvoir tester des tas de trucs avant de se poser pour probablement faire une famille dans une communauté résiliente-zéro-déchet-toussa-toussa d’ici quelques années.

Bon allez. Un bilan rapide sur cette année pour résumer cet article un peu gris ?

Pas beaucoup de joie et d’épanouissement a vrai dire. Des airs de rechute, de stagnation. Mais mine de rien beaucoup d’apprentissages pros et persos et d’argent mis de côté. C’est toujours ça de fait.

Et comme dit le grand Khalil Gibran, « Vous accepteriez les saisons de votre cœur, comme vous avez toujours accepté les saisons qui passent sur vos champs »

(Évidemment plus facile à faire après coup que sur le moment)

Je n’ai pas volontairement noirci le tableau, il y a bien sur eu de très beaux moments, de l’inspiration, des échanges, des paysages propices à l’extase, et surtout toujours bien entourée de care-givers. Mais a quoi bon déguiser la réalité ?
Il y a déjà trop de vies parfaites saupoudrées de paillettes sur internet 😉

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22L pour un mois – liste et tips de voyageuse minimaliste débutante.

« When you have everything you have everything to lose »
(Ben Harper)

Dans les dernières années j’ai eu l’occasion de faire plusieurs roadtrips en Indonésie à peu près similaires au niveau des conditions, avec pour seule différence la taille de mon sac.
Dans l’avant dernier cas à l’automne dernier j’ai emmené « toute ma vie » faute d’espace de stockage préalable – soit un sac de 50L rempli. Par moments ça m’a semblé lourd et contraignant.

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Lui à peu de choses près.

Dans le second cas j’ai pu avoir le luxe de stocker en amont chez une amie pour ne prendre que le minimum, qui tenait dans un petit sac de 22L. Je peux dire avec le recul que je n’ai manqué de rien !

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Lui c’est-à-dire environ la moitié du premier

La liste que je poste à la fin de cet article détaille ce que j’ai emporté pour 4 semaines et demi de trip – et aussi montrer quelques tips minimalistes que je me suis fabriqués au fur et à mesure des années sur la route. Certaines choses marcheront peut être pour vous aussi, qui sait ?

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En 2013, 50L – peut mieux faire 🙂

Amorcer une “transition” minimaliste m’est venu facilement car je ne me considère pas matérialiste à la base.
Je ne prends pas de plaisir particulier à avoir un certain choix de vêtements ou d’objets supérieur au minimum. L’accumulation et l’encombrement, au contraire, vont m’angoisser. Celles et ceux qui aiment avoir le choix ou vivre entouré-es de nombreux objets s’y retrouveront peut être moins. Pas de jugement 😉

Je visualise trois clés dans ma manière de vivre le minimalisme, dans l’ordre suivant.

1 – La réduction des besoins.
Ou l’art de commencer par se débarrasser de ce qui est superflu (paramètre bien évidemment unique à chacun)
Par exemple, bijoux/produits de beauté/serviette de toilette/sac à main etc.
On peut aussi citer de manière beaucoup plus engagée Alexandre et Sonia Poussin qui ont parcouru l’Afrique à pied pendant 4 ans sans change vestimentaire. Tout simplement car ils ont décidé que la légèreté de leur petits sacs était prioritaire par rapport au besoin de change vestimentaire.

2 – L’ajustement du volume de chaque objet en fonction de sa disponibilité, de son usage.
Ou l’art de prendre des petits formats, ou se renseigner avant si des choses à usage ponctuel ne peuvent pas être obtenues en cours de route plutôt que d’encombrer le sac du début à la fin du trip.
Par exemple, je décide de ne pas prendre de médicaments trouvables en pharmacie car je sais que je me trouverai toujours à moins d’1h d’une pharmacie. Je décide de prendre du savon/shampoing solides plutôt qu’en bouteille. Etc.

3- Essayer de jouer pour croiser les usages.
Ou l’art de transformer une chaussette en gant de toilette, un paréo en écharpe/drap ou encore d’avoir des chargeurs universels si on emmène des appareils électroniques.


Les avantages à voyager léger sont nombreux. J’en ai repéré quelques uns ce mois-ci.
Le gain de temps à faire/défaire/chercher ses affaires. La possibilité de faire des excursions sans pied à terre (dans la limite de mes capacités dorsales huhu). De pouvoir utiliser des moyens de transports plus économiques (deux roues plutôt que voiture) surtout quand on est à deux. Entre deux lieux, donner l’impression d’être davantage en transit qu’en déménagement – et éviter ainsi de se faire remarquer. Avoir moins de bagages à surveiller. Augmenter ses chances d’être pris-e en stop. Prendre moins de place quand on est logé chez quelqu’un.
Etc. etc  etc.

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Mais alors… qu’ai-je emporté pour un mois ?

Le slash “/” définit une utilisation multiple.
Vêtements (incluant la tenue sur moi) :
1 legging, 1 pantalon léger, un short, un short de bain
2 sous-vêtements –  1 maillot de bain – une seule paire de chaussettes
1 tunique/robe/chemise de nuit
4 hauts (2 manches courtes et 2 manches longues)
1 grand tissu : paréo/drap de bain/serviette de toilette/écharpe/tapis de yoga/jupe/couverture
1 veste pour sortir et pour les transports (dont j’aurais pu finalement me passer)
1 kway
1 pull léger (pour les transports)
1 paire de baskets (pour courir et faire de la rando) et 1 paire de tongs
1 casquette, lunettes de soleil
1 mouchoir en tissu et 1 masque à pollution

Les vêtements sont rangés dans un tote bag qui me sert aussi de sac à main en journée ou en cas de surplus quand tout ne tient pas dans le sac (achat temporaire etc..).

Trousse de toilette :
1 shampoing solide et 1 peigne (démêlage quotidien et 1 shampoing tous les 10-15 jours)
1 Brosse à dents et huile de coco
1 petit savon (réservé pour la lessive – je me lave désormais sans savon, juste à l’eau – et devinez quoi, je ne sens pas mauvais 😉
Médocs de secours en petite quantité : paracétamol, antidiarhée et ultralevure, antipalu, bétadine
Coupe ongle et pince à épiler, Mooncup
Déo : huile essentielle d’arbre à thé
Fil et aiguille (je raccomode souvent mes affaires)
Bouchons à oreilles
Opinel
A noter : pas d’antimoustique ni de crème solaire ou autres soins pour le corps : les vêtements longs font leur travail de protection de la peau gratuitement, sans causer de cancers ni détruire les coraux 😉

Autres :
Portable, mp3, tablette, lampe frontale et chargeur (le même pour les 4)
Portefeuille et Papiers d’identité – carnet et stylo pour écrire
1 bouquin (Freakonomics, je conseille)
Pochette :  papiers, carte du pays
1 gourde pliante
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poids total approximatif : 10-12kg.

 

Et enfin, quelques facteurs à prendre en compte avant de faire son sac :

  • Le climat : il est évidemment plus facile de voyager léger dans des pays chauds.
  • La culture : dans ce cas il me fallait un peu de vêtements longs et un peu de courts, car j’ai traversé des îles musulmanes et aussi des endroits plus touristiques où les vêtements courts sont tolérés.
  • Les activités : visites, sport, plage, projets plus formels ?
  • L’environnement et les caractéristiques sanitaires (médocs accessibles ou pas,si oui lesquels prendre…)
  • Le besoin/envie d’appareils électroniques : mails à gérer, documents à écrire, films à voir ou photos à trier ? J’ai la chance d’avoir un ordi et une tablette, tous deux d’occasion, ce qui me permettent d’emporter l’un et de laisser l’autre (ou les deux) selon les besoins.
  • La facilité à pouvoir faire des lessives régulièrement (pour ma part je lave mes sous-vêtements quotidiennement sous la douche) et avoir un temps de séchage rapide (12h à 24h max ici).

 

Conclusion : je ne me revois pas voyager de manière plus alourdie. Mix réussi : pas de sentiment de manque ni d’être en décalage/mal à l’aise dans mon environnement (ce qui m’est cher). Prochain challenge : essayer d’associer davantage le côté écolo !

Et vous, comment vous y prenez-vous pour réduire les prises de tête matérielles ?

Un autre mois de sac à dos – Another month backpacking : What I did, What I learnt [FR]

Les chiffres

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Ferry entre Bali et Java

Environ 3000 km.
Départ et retour de Jakarta. 19/01-17/02

5 îles.
De quelques heures de transit sur Gili Trawangan à jusqu’à 2 semaines sonsécutives sur Bali.

4 parties :
– Sauts de puce, tourisme et culture avec cousin  à Java et Bali (2 semaines)
– Petite vie tranquille dans un studio prêté au sud de Bali (1 semaine)
– Vie au village et vadrouille avec mon amie Dewi en voiture à Lombok (1 semaine)
– Retour seule par les îles Gili entre nature et backpackers et trajet jusqu’à Jakarta (5jours).

 

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Culture d’épinards d’eau à Est de Lombok.

Beaucoup de villes : Jogjakarta – Malang – Canggu- Ubud – Denpasar – Padangbai – Masbagik, Kuta Lombok, et aussi des endroits plus ruraux et naturels.

1 lever de soleil brumeux en haut du volcan Batur (la saison des pluies enseigne la patience et d’improvisation de plans B), beaucoup d’averses.

Pas d’avion mais 3 nuits de train – 1 nuit de voiture – 6 trajets en bateau – un tout petit peu de vélo et beaucoup de kilomètres en scooter (pour l’empreinte carbone on repassera)

22 litres. C’est le volume de mon petit sac à dos. Article à suivre sur son contenu !

Plein d’amis inspirants et aux petits soins – de belles rencontres avec des voyageurs et des habitants – des débats, du rire, de l’admiration – des invitations à manger chez l’habitant plusieurs fois. Des jams à la guitare entres chansons occidentales et indonésiennes, plein de bonnes vibes musicales, notamment sous les étoiles face aux vagues.

1 cousin – qui m’a suivi pour deux semaines de congés. Merci Quentinou de m’avoir rendu visite 🙂

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1 amitié liée avec Dewi dont la vie incroyable pourrait tenir dans un best-seller.

Quelques centimètres de cheveux en moins – coupés dans le salon de beauté du village de Dewi.

Quelques mots de Sasak appris – c’est la langue de l’ethnie Sasak de Lombok, avec des dizaines de variantes.

Beaucoup de regards, dans les endroits reculés où on ne croise pas de blancs souvent. Des regards indiscrets mais pas malveillants. Des regards voire des remarques lancés qui font ressentir la différence de manière crue, et où tu réalises qu’il faudra un sacré paquet de visiteurs avant que cette manie ne change. Des regards encore difficles à supporter à haute dose.

Une phrase de Clifton Fadiman : a foreign country is not designed to make you comfortable que je trouve tellement importante à garder en tête – et cette question  qui continuera sûrement de me marteler encore longtemps : jusqu’où accepter l’inconfort engrendré par une confrontation culturelle ?
Vous avez 4 heures.

Des première fois réjouissantes : découvrir Lombok et les iles Gili que je ne connaissais pas, faire du stop en Indonésie en dans un camion sur un ferry avec d’autres backpackeuses, couper des noix de coco, apprendre comment faire un balai avec des branches de cocotier taillées. Se faire masser le ventre par une vieille dame au regard maternel. Passer une nuit dans un dortoir de hammacs et se réveiller avec le dos ruiné. Visiter une cascade secrète. Goûter des brochettes de viscères de poulet (les brochettes de fruits c’est bon aussi). Avoir les clefs d’un studio pour une semaine, rien que pour moi et apprécier cette solitude. Lors d’un long trajet retour ponctué de nombreux moments de transit, être invitée à m’asseoir derrière le guichet d’une agence de navettes en bateau, près du port de Gili Trawangan, pour bavarder avec le staff et aider à remplir les billets des clients qui venaient, juste parce que c’est marrant . “On t’embauche 15 min en attendant ton bateau ?”

 

Le but de ces chiffres est de donner une présentation globale. Certainement pas de jouer à qui fera le plus de kilomètres ou la plus longue liste ou autre ! Jamais la quantité, plutôt la qualité. C’est juste qu’à l’heure où j’écris mon cerveau préfère les petits paragraphes aux grandes descriptions.

Ce que j’ai appris

Ce voyage a renforcé ma passion de voyager en fonction des gens et non des lieux. J’aurais pu faire beaucoup moins de kilomètres pour le même niveau de découverte, de dépaysement (et c’est ce que je préfère faire en général). Seulement le voyage a été planifié en fonction de qui je croiserais ou retrouverais : ma destination finale était Lombok car j’étais invitée dans la famille de Dewi. Et je ne regrette pas une seconde.

J’ai pris beaucoup de plaisir à partager ce que je connaissais avec mon cousin Quentin et il était tout aussi content. C’est premier de ma famille proche à faire le pas et poser un orteil sur le sol indonésien 😉 Amis et familles vous êtes donc plus que bienvenus pour être guidés dans et en dehors des sentiers battus!

En visitant l’île de Lombok j’ai réalisé que l’accès à l’éducation en Indonésie était bien plus inégal que je ne le pensais. Et qu’il a un impact bien plus déterminant sur les sociétés que je ne le pensais…

J’ai réalisé qu’il n’y a rien de plus beau que le caractère éphémère d’un coucher de soleil.

Et enfin… Vive les petits sacs à dos ! J’ai eu la chance de disposer d’un espace de stockage avant de partir (chez mon amie Intan à Jakarta). Si le climat et les conditions permettent de prendre peu, je recommande sans hésitation. Le sac à dos de 50L restera au placard pour un bout de temps.

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Taman Sari désert en basse saison, Jogjakarta

Merci de m’avoir lue ! N’hésitez pas si vous souhaitez partager des idées !

Projets en cours – Ongoing Projects [FR]

[English version to come soon]

J’ai actuellement le luxe d’avoir assez d’économies pour pouvoir composer mes journées selon mes envies. Cette page est là pour présenter ce sur quoi je passe une partie de mon temps : Des projets dont je suis à l’initative, pour lesquels je ne suis pas rémunérée mais qui me tiennent à coeur et que je considère à impact positif.

Pour commencer, deux bébés projets nés début 2017, tous deux en mode prototype que je reconduirais volontiers en cas de réussite :

“Des nouvelles du bout du monde !”
Correspondance avec une classe de CE1 (Paris 12e) et leur enseignante Vinciane

La petite histoire : J’ai rencontré Vinciane via les Eclaireurs Unionistes car nous avons toutes deux mené des projets de solidarité à l’étranger avec des scouts français. J’avais cette idée de partenariat en tête depuis longtemps, il me restait à trouver la classe et l’enseignant(e)… et c’est par une simple discussion avec Vinciance à la fin d’un concert que le projet s’est concrétisé ! Nous sommes conscientes de ce que les jeunes ont à gagner en étant sensibilisés tôt à l’interculturel : curiosité, tolérance, connaissance du monde, ouverture d’esprit… les bénéfices sont nombreux. Lors de ma propre année de CE1 j’ai été accompagnée par une institutrice géniale qui m’a énormément ouvert les yeux à coups de documentaires, musiques du monde, contes… C’est en partie à elle que je dois ma curiosité pour l’Indonésie. Si le projet actuel permet d’éveiller ne serait-ce que quelques enfants, alors j’aurais le sentiment d’avoir fait ma part 😉

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Durée : janvier à juin 2017 – un échange par mois ( 1 lettre illustrée + questions des élèves + réponse écrite ou vidéo)

Objectifs principaux :
Pour la classe : découvrir un mode de voyage et une culture opposés, utiliser la correpondance comme support pédagogique.
Pour moi : inspirer et faire rêver les enfants, essayer de transmettre le goût de l’aventure et de la rencontre. Vulgariser et condenser ce que j’apprends, et à terme espérer créer davantage de contenu pour le diffuser à plusieurs écoles/tranches d’âge.

 

“Kripik Pisang” (Adopte une chips de banane)
Partenariat entre l’association étudiante Becak! et l’INAGRI, un institut indonésien d’agroécologie.

img_7892La petite histoire : En 2011 avec des camarades de promo nous avons fondé l’association Becak!, dédiée aux étudiants de la filière Indonésien-Malais de l’Université INALCO.
Trois ans plus tard j’étais sensibilisée aux enjeux de l’agriculture grâce au wwoofing et dans le cadre de mon M1 je commençais un stage en Indonésie sein de l’ONG KPA (Consortium pour la Réforme Agraire). J’y rencontrais Sam, spécialiste de la permaculture accueillant régulièrement des wwoofers sur son terrain d’expérimntations à Java Ouest. De là commençait une belle amitié. Puis Sam a créé l’INAGRI pour sensibiliser les paysans sur les techniques d’agroécologie (comment produire autant voir mieux avec peu, de manière 100% naturelle) dans plusieurs régionsdu pays. Parmi ses activités quand il rentre au village Sam aide Ibu Ihat, une voisine paysanne, à commercialiser les  chips de bananes qu’elle fabrique chez elle en l’encourageant à n’utiliser que des ingrédients naturels. Ce genre de micro-entreprises yraditionnellement gérées par les femmes en Indonésie servent à améliorer leurs revenus à l’échelle familiale. De manière à renforcer son activité (et à terme, de diffuser le modèle plus largement aux alentours), Ibu Ihat a eu besoin de davantage d’investissements et Sam m’en a parlé. L’association Becak a mordu à l’hameçon du partenariat pour monter une équipe d’étudiants bénévoles, qui auront l’opportunité d’aller sur le terrain cet été s’ils le souhaitent. C’est parti !

Même si nous y contribuons au développement local à petite échelle, l’impact que Sam et moi souhaitons n’est pas tant d’atteindre des résultats que d’amorcer un changement de conscience, des deux côtés.

Durée : janvier -octobre 2017

Objectifs principaux :
Pour l’INAGRI : Donner davantage de visibilité au problème de la précarité chez les paysans indonésiens (entre autres dû à l’accaparement des terres), récolter des fonds, permettre à terme de former davantage de paysannes sur les micro-entreprises de produits bio (produits auxquels la clientèle citadine commence à s’intéresser).
Pour les étudiants de l’INALCO : Se former et/ou renforcer leur expérience en gestion de projet (levée de fonds, demandes de subventions, échéancier, travail d’équipe, outils de com…), ce savoir-faire si utile qui n’est pas toujours enseigné sur les bancs de nos facs… Ainsi qu’avoir l’opportunité de découvrir l’Indonésie et ses enjeux actuels hors des sentiers touristiques pendant leurs vacances, de manière subventionnée (car valorisable auprès de bailleurs de fonds) et donc plus accessible au budget d’un(e) étudiant(e).
J’espère aussi qu’à terme, ce projet sensibilisera à la consommation responsable et à l’impact social et environnemental que l’on peut avoir depuis chez soi en choisissant d’acheter tel ou tel produit.
Pour moi : Contente de lancer une projet qui crée un pont entre deux mondes, un projet qui me semble éthique, cohérent et gagnant-gagnant (j’ai toujours tendance à chercher la petite bête dans les projets de solidarité).

 

Vous avez des questions ou des remarques ou encore des idées de projets, de partenariats ? Parlez-moi en !

Qui suis-je ? [FR]

Petit Blabla philosophique pour mieux me connaître.

Je m’appelle Camille et je suis née en 1991.

Actuellement en Indonésie pour plusieurs mois entre voyages et projets pro/persos. Je tiens ce blog depuis 2012 où j’ai pu y raconter de beaux épisodes de vie, comme un voyage de 8 mois au Canada. Je compte maintenant ne plus me limiter aux récits de voyages mais aussi y partager ce que j’en tire au niveau personnel, dans une perspective globale.

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Depuis mon adolescence j’ai eu la chance de combiner des études et des engagements associatifs en France à de nombreux voyages en France et à l’étranger. A la croisée de ces trois écoles de la vie, j’ai reçu une vision du monde qui m’enrichit chaque jour et que je prends plaisir à partager, à discuter, à faire évoluer.

Comme pas mal de jeunes (et de moins jeunes), j’ai envie de faire ma part pour changer le système actuel. Je crois au fait qu’un monde plus désirable est possible et qu’une meilleure gestion de notre temps, des hommes et de leur environnement est quelque chose de souhaitable. Pas seulement pour la planète (la nature sait parfaitement s’adapter sans nous) mais plutôt pour l’humain.

Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient.

Au fur et à mesure des années j’ai renforcé plusieurs convictions suivantes à mon échelle. Voici un petit aperçu de ces valeurs, ces propos n’engageant que moi :

-Si on veut amorcer un changement de caractère quelque part il faut commencer par soi, puis par ses cercles proches.

– Je n’ai pas l’ambition de convaincre mais plutôt de sensibiliser de panière positive. Je crois à la sensibilisation via l’inspiration et au besoin d’avoir une partie de cerveau “disponible” et disposée au changement. Je n’arriverai jamais à changer les habitudes ou les pensées d’une personne en la forçant, mais plutôt en lui montrant des exemples positifs et surtout ce qu’elle y a à gagner. Ce sera ensuite à cette personne de décider si elle libère de l’espace dans ses pensées et dans son quotidien pour ouvrir son propre chemin.
De bons facteurs d’inspiration sont liés entre autres à la bienveillance, l’ouverture au débat, la tolérance et l’humilité, la reconnaissance des petits pas, le respect et l’écoute.
A contrario, de mauvais facteurs seraient l’ambition d’avoir la science infuse, la culpabilité, l’humiliation, le fait d’être totalitaire dans ses propos, les raccourcis, etc.

Comprendre c’est aimer.

Si je cherche à comprendre quelque chose : que je tolère cette chose ou non, je lui dédie déjà un sentiment positif qu’est l’envie de comprendre.

– Plus une personne est exposée à de l’ouverture et à du positif et cela tôt dans sa vie, plus il y a des chances pour qu’elle développe une conscience humaniste ou écologique sans qu’elle soit vécue comme une contrainte plus tard. Le but étant de ne pas fabriquer un bisounours dénué de sens critique mais plutôt un(e) citoyenne éclairé sur ce qu’il se passe et conscient de ses capacités à son échelle.
Il s’agit d’engager des actions à impact positif par envie et non par contrainte.

– Le monde n’a pas forcément besoin d’intelligence au sens cérébral pour aller mieux. Mais de connexions, de ponts pour faire marcher l’intelligence collective et celle du coeur. Des solutions existent déjà partout. J’ai envie de croire en leur diffusion, leur réduplication et leur adaptation.

Voilà pour cette petite intro : J’articule ensuite mes actions autour de ces convictions.
Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à rebondir !

Si vous voulez en savoir davantage de manière concrète et sous divers angles, j’ai une page LinkedIn et une page Couchsurfing.

 

Nouvelle page option choc thermique (english below)

 

Hier au pub Joachim m’a dit : “Au fait, tu t’en occupes un peu de ton blog là ? Parce qu’il est toujours planté sur tes aînés, en août…”

Certes.

J’ai du mal à tenir ce blog qui a fêté ses 4 ans et reste en pointillé depuis 2014. Mais ça peut faire partie de bonnes résolutions pour 2017. On y croit ! Petite intro pré-décollage donc, que certains ont peut être déjà lu sur Facebook.

De nouveau sur la route (aérienne) de l’Indonésie après une pause de 2 mois en France. Satisfaite de partir après avoir été très occupée pour ces premiers jours de 2017. Reconnaissante d’avoir vu toutes les belles personnes que j’ai pu recroiser, celles que j’ai pu rencontrer, celles que j’ai fait se rencontrer.
Partir de nouveau en Indonésie, pour environ 6 à 12 mois. Un long voyage pour me gorger le plus possible d’enseignements avant de m’implanter dans une campagne française d’ici 2-3 ans pour du long terme, et commencer enfin à y faire pousser des légumes.
La to-do list des prochains mois se remplit, mais il reste une belle place à la spontanéité. Je souhaite continuer à élargir ma zone de confort, continuer à apprendre sur la douceur et la dureté de la vie. Continuer à confronter ma perception du temps occidentale. Continuer à être minimaliste et à voyager davantage à travers des histoires de vie que dans des musées. Faire, beaucoup, mais surtout être et vivre. Utiliser ma tête pour résoudre des problèmes et mon coeur pour faire des choix… pas l’inverse.
Je me souhaite d’être forte et de faire de mon mieux pour apprécier ce qui m’est offert.

Bisous les copains, tout le meilleur pour 2017 !

 

On the road again to Indonesia, after a 2 months break in France.
Leaving satisfied after being very busy on these first days of 2017. Feeling thankful to all the beautiful people I met again, thankful to the ones I got to know and the ones I connected together.
Going to Indonesia, again, for about 6 to 12 months. A long trip to get as many teachings as I can before settling in 2-3 years… and eventually start to grow some veggies in a French countryside.
The to-do list is already set up, with a big blank space kept for spontaneity. I want to keep on broadening my comfort zone, to keep on learning about the softness and the hardness of life, to keep on challenging my western perception of time. Keep on being minimalistic and travel through living life stories. Do a lot, but mainly Be and Live. Use my brain to solve problems and follow my heart to make choices. Not the other way round.
I wish myself to be strong and I will try my best to make any small moment a good reason to rejoice and enjoy what’s given.

Peace over you friends ! All the best for 2017.

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Lettre d’une responsable aînée à son équipe de jeunes avant leur envoi.

Chers Harimaos,

Merci pour ces 2 ans. J’ai appris plein de trucs sur vous et sur moi.
Si c’était à refaire je le referais différemment, car j’ai eu pas mal de difficultés à gérer sur ce parcours. Et pourtant mon objectif numéro 1 est atteint : Je vous ai inspiré. Alors voilà mon conseil pour la suite.

Vous êtes en construction.
Dans les années prochaines on va vous passer des briques, du ciment et des outils pour que vous deveniez adultes.
Les briques, c’est vos valeurs, notamment celles du Pacte que vous en écrit, et qu’il faut garder en mémoire: la conscience environnementale, le don de soi pour les autres. La conviction que vous pouvez changer des petites choses simples dans votre mode de consommation mais qu’elles peuvent avoir un impact au bout du monde. Comme boycotter certains produits ou actions ou réduire ses déchets.
[Attendez, je mets le ‘mode camille’ off]

Après les briques on a le ciment. Je dirais que c’est l’attitude qui va avec, pour que les valeurs tiennent bien entre elles. Le ciment, vous le connaissiez un peu avant, dans votre vie de tous les jours et depuis vos débuts dans le scoutisme. Ici pendant 3 semaines, on l’a monté d’un cran. Il s’agit du respect, des concessions, car la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Encore plus dans une culture dont on ne connaît pas les limites, et qui ne connaît pas non plus les nôtres. Je sens que votre ciment est encore fragile mais sens aussi que vous êtes en train de trouver la recette.

Après les briques et le ciment, pour votre construction d’adulte, il manque quelques trucs à la maison. Les murs ne font pas tout. Il faut une porte. Pour s’ouvrir au monde. La votre est déjà entrebâillée, si vous voulez des conseils en la matière dans un futur proche ou lointain, faites-moi signe, c’est mon domaine. Des fenêtres, pour laisser passer la lumière et voir le positif. La satisfaction, c’est un ingrédient magique qui permet de se sentir heureusement n’importe où et n’importe quand, quoi qu’on aie. Même si il ya des imprévus, même si la sortie de zone de confort est difficile. C’est gratuit, la satisfaction, si on la génère. Des fois on a besoin de mentors car elle n’est pas donnée facilement à tout le monde.

Je crois que j’ai dit l’essentiel. Vous choisirez où mettre votre vaisselier, votre chambre, votre kamar mandi avec ou sans PQ. Je vous fais confiance sur l’électricité, les prises, le modem Wi-Fi et les canap’s, et la décoration qui donne une ambiance propice aux délires que vous avez. – Attendez, il manque un truc important pour vous protéger des aléas de la vie : le toit ! Certainement plus épais que d’autres, tout dépend de l’environnement ou vous êtes. Choisissez-le bien isolé mais pas en mode bunker non plus, rien ne sert de se braquer: personne n’est invincible. Ni vous, ni moi. On n’est que des petits mortels qui surfent sur la vie, le temps d’en micro-seconde, perdus dans l’univers.

Vous verrez qu’une fois votre maison d’adulte bâtie, même si vous avez l’impression qu’elle est complète, elle ne le sera jamais vraiment. On a tous des petits trucs à régler, réparer, changer en permanence. Le matériau, on le cherche en soi-même après chaque expérience.

Bon! Ce petit texte finalement long touche à sa fin. Vous êtes littéralement sur la rampe de lancement, prêts à prendre votre envol pour retourner la ou vous avez grandi, après 3 semaines de tremplin. Gardez vos yeux et vos 5 sens d’ici. Vous verrez, c’est chouette de re-découvrir la France avec du recul.

Chère Constance, cher Alexis, chère Coline, cher Nils;

Je vous souhaite de grandir, de faire un meilleur usage possible de tous ces outils.

De continuer à vous marrer tous les 4.

De faire un témoignage qui va donner la bougeotte à d’autres, j’en suis sûre.

De ne pas laisser abattre par des difficultés une fis les vacances terminées. Puisez des forces dans touts ces beaux souvenirs. Soyez ces warriors rayonnants et respectueux dont le monde a besoin.

Bon vol !

2 ans après son début.. Clôture du projet Harimaos

17 août 2016.

2 ans après son début.. Clôture du projet Harimaos

71e anniversaire l’indépendance indonésienne. Sur le plan perso, une date qui marque la fin de 2 ans d’engagement riches, prenants et formateurs. La dernière étape avant mon saut dans le vide, la dernière activité à clôturer avant d’ouvrir mon agenda de voyageuse à plein temps pour une durée indéterminée.

En septembre 2014 je prenais la responsabilité d’accompagner une équipe de jeunes dans la cadre des Eclaireurs Unionistes. Cette tranche d’âge qui correspond aux 16-18 ans s’appelle les aînés. C’est la dernière avant de devenir responsable (animateur-trice). Pendant 2 ans, une petite équipe prépare une “exploration” suivie d’un témoignage. En d’autres termes, une bande de lycéens amis de longue date décide de consacrer une partie de son temps libre pour se former et pratiquer les bases du montage de projet, du travail d’équipe, de la communication (interne et externe), de l’auto-financement, etc. Et ce dans, le but de réaliser un défi qui leur ressemble: culturel, social, sportif ou encore environnemental… En France ou à l’autre bout du monde.

Au tout début de l’aventure ils étaient 8. Puis il y a eu un écrémage. C’est pas donné à tout lycéen de vouloir dégager du temps et de la motivation pour un tel projet.

Le 24 juillet on est partis à 5 (4 aînés + moi) pour 3 semaines de voyage en Indonésie, dont 2 semaines de missions en écoles pour enfants handicapés avec l’asso HATI Handicap Indonésie. J’ai eu une influence non-négligeable sur le choix du pays et du partenaire. Sans vouloir afficher mes affinités pour tel ou tel pays au départ (ce projet est celui des jeunes) il y a ensuite eu des fuites concernant ma connaissance du pays et de la langue. Et il m’importait beaucoup qu’on ait un partenaire costaud, éthique, car la question de l’intervention à l’étranger n’a pas fini de me travailler.

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Le partenariat avec HATI a été riche, l’asso nous a aidés à nous former sur le handicap en amont et la mission à été entièrement co-préparée depuis janvier. Elle comportait 12 personnes au total. On a vécu tous ensemble pendant 2 semaines, en périphérie de la ville de Jogjakarta (à 500km de la capitale Jakarta mais sur la même île), gracieusement hébergés chez Umar. C’est un ami de l’asso, prof de langue des signes surprenant de simplicité et de sagesse, toujours prêt à refaire le monde sur une natte. Nos activités de journée étaient divisées en 2 pôles, à plusieurs endroits de la ville de Jogjakarta.

Un pôle sur le travail de terrain dans les écoles dont on faisait tous les 5 partie, accompagnés de 2 psychomotriciennes passionnées et passionnantes.
Un autre pôle sur la formation en fac: 2 professionnelles du handicap offrent une session d’été aux étudiants volontaires.
Pour compléter l’équipe, 2 coordinatrices et 1 ami venu aider pour des petits travaux chez notre hôte.

 

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La 3e semaine de notre séjour à 5 à été partagée entre visites de la région culturellement riche que je connaissais déjà un peu (cf article d’août 2013), détente et transports entre Jakarta (d’où on est arrivés en avion) et Jogjakarta (une bonne demi-journée de train).
3 belles semaines, donc.Onen ressort tous les 5 grandis après quelques petites maladresses relationnelles aussi, et de positionnement, de ma part et de la leur, rattrapées par des cercles de parole réguliers (nos “points licorne”). Je considère il n’y a rien de plus normal dans un projet qui prend aux tripes avec des attentes variées, et quand on vit sur le dos des uns et des autres hors de sa zone de confort et 24h/24. Mais aucun gros problème. Pas de soucis de santé. On est même excédentaires sur le budget, le bilan est plus que positif dans tous les sens du terme.

 

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Les aînés ont fait un beau travail de récit de voyage à travers des newsletter pour leurs donateurs Kisskissbankbank et une page Facebook régulièrement alimentée de photos et vidéos. Je vous invite aussi à aller voir les photos de nos travaux dans les écoles sur la page de HATI.

Il y a pile une semaine je les ai accompagnés à l’aéroport et ai rendu officiellement mon tablier de responsable aînée (et grande soeur-guide-traductrice disons-le aussi), pour rester seule sur place. Ce moment a longtemps occupé mes pensées depuis quelques nuits. A la lueur de la lune de Jogja, sur le toit d’une auberge et au son des Adzan, j’ai posé des mots sur ce point de bascule, pour les préparer au mieux à leur retour en France. Texte à suivre 🙂

Le réveil, 2 ans après

C’est l’heure du dépoussiérage !
Comment ré-entamer un blog de voyage après 2 ans de pause subite? Bonne question. Je vais faire au mieux, en essayant de faire le moins de tartines possibles sur ma vie… Ça s’annonce laborieux 🙂
Ce qui réveille ce blog, c’est la nécessité de reprendre la plume à l’aube d’un nouveau long voyage. Petit topo sur mon parcours depuis mars 2014 – dans un vol entre la France et L’Indonésie, sans billet retour pour le moment.

Après mon retour de stage recherche à Java en août 2014 et la validation de mon M1, je suis principalement restée en France. Moins de désir ardent de partir, des occasions professionnelles et personnelles à saisir, je me suis petit à petit laissée convaincre qu’à long terme, ma place serait d’abord dans le pays d’où je suis issue – et où mine de rien il se passe des choses intéressantes et pertinentes.

Diplômée depuis septembre 2015 (gros soulagement), en transition depuis janvier 2016 – traduisez ça par “volontairement sans activité fixe à plein temps mais quand même avec un agenda chargé de choses qui me plaisent”.

 

… Comme par exemple crapahuter quelques jours en Corse.

Du fait de mes études en développement durable, j’ai désormais une vision du monde différente et plus systémique, matérialisée par une envie de décortiquer tout phénomène qui m’entoure: origine, impact… Sur la société et l’environnement mais aussi l’humain en lui-même et la manière qu’il a de ressentir, de réfléchir, de comprendre et d’agir. Depuis 2014 en parallèle des études il y a eu ces projets, salariés et bénévoles, venus de toutes parts qui m’ont fait fourmiller les neurones. Ces activités qui m’ont aidée à dégager des thématiques, des centres d’intérêt actuels qui dessineront mon parcours futur. leur dénominateur commun ? Inspirer puis agir pour une société plus durable.
Ces axes m’aident et ne signifient en aucun cas que je détiens un savoir quelconque. Juste des idées en vrac.

– Comment adapter nos modes de vie / notre rôle en tant que citoyens face aux enjeux climatiques et aux inégalités –
Ou l’art de se mettre en réseau et d’organiser des événements au service d’alternatives positives.
WARN! et WeWarn – La Maison Bleue – Génération Cobayes – Alternatiba – COY11 – etc etc.

– Comment amorcer le changement de l’intérieur –
Mesurer, analyser les blocages & leviers de la transition écologique et énergétiques. J’ai eu la chance de bosser 9 mois en tant que chargée de projet COP21 et assistante RSE dans une entreprise business. Car c’est important de savoir être un caméléon.

– Comment responsabiliser et inspirer les jeunes –
Depuis 2 ans j’accompagne le Projet Harimaos : Dans le cadre de Eclaireurs Unionistes de France, élaboration d’un projet solidaire avec une équipe de 4 lycéens. Ça m’avait bien plu et bien formée à leur âge et j’espère pouvoir leur transmettre un max ! Ça tombe bien, le projet touche à sa concrétisation, nous atterrissont d’ici 3h en Indonésie pour 3 semaines de découverte et de travail en école pour handicapés.
Parce que j’ai la conviction qu’il faut s’y prendre avant l’âge adulte pour créer des êtres humains ouverts et bienveillants et que l’éduc’ pop à un rôle à jouer. Parce qu’on n’a jamais terminé d’apprendre, j’ai commencé une formation Bafd pour être directrice de séjours.

– Comment voyager de la manière la plus responsable et éthique posible –
Parce que je raffole toujours de rencontres humaines. Elles sont mon inspiration, le carburant principal de mes projets. Car j’ai la chance de maîtriser certains outils (les langues, la musique etc) qui ne prennent aucune place dans un sac et peuvent créer du lien fort. Les histoires de vie s’empilent dans ma mémoire au rythme des pages de vie, des verres en terrasse et des km en stop.
Parce que voyager est un vecteur de changement, d’épanouissement et d’introspection facile à déployer dans ma période de vie actuelle. Et que je souhaite désormais réduire mon impact en voyage. Pas seulement travailler sur mon empreinte carbone mais aussi sur la représentation que l’autre a de moi, et quelle image je répercute sur sa société. Mieux comprendre pour mieux cohabiter mène à des questionnements interculturels à différentes échelles, même en France.

En 2 ans avec comme pied-à-terre Bordeaux puis la région parisienne, j’ai vadrouillé plusieurs fois en France et autour (Sud-Ouest et Sud-Est, Espagne, Bretagne, Pays de Galles, Irlande). Toujours fidèle à mes petites méthodes de voyages perso élaborées au fur et mesure d’expériences : peu peu de moyens pour privilégier le contact humain quitte à partir seule -mais ne se sentir seule que très rarement (j’ai même animé un atelier sur les voyages solos). Un projet de tour de France prévu au printemps 2016 n’a finalement pas vu le jour, du fait du trop-plein d’activités qui me retenaient à Paris. Peut être pour une autre fois.

Enfin, ma boussole de vie est désormais calée sur un gros voyage en perspective – une fois le projet Harimaos terminé à la mi-aout. Profiter d’être de nouveau catapultée en avion (moyen de transport que j’évite désormais) dans un pays auquel je suis déjà attachée, pour réaliser quelque chose d’ambitieux. Avoir refusé d’autres engagements et projets dans ma zone de confort pour réussir à dégager un agenda vierge à l’horizon, pour m’ouvrir tous les possibles et challenger mon rapport au temps car je pars pour une durée indéterminée.
Concrètement, probablement plusieurs mois de voyage sac à dos, avec l’idée de renter en France (c’est l’objectif) en prenant mon temps et sans utiliser l’avion. Mis à part quelques affaires laissées chez mes parents, tout tient dans un sac, jusqu’à je ne sais quand.

 

  La bête en question à la veille du départ

C’est donc un nouvelle catégorie du blog nommée ‘on the road 2016’ qui s’ouvre et j’ai hâte de la remplir, essayant de ne pas me cantonner au français cette fois! Tout en gardant le côté narratif que le blog a depuis sa création, une partie de ce chapitre adoptera des réflexions sur les thématiques identifiées ci-dessus. Sans oublier des anecdotes coolos et dépaysantes histoire de sortir du trip autobiographique. Promis!
Bonne lecture!

Ps: vos commentaires sont précieux, n’hésitez surtout pas à m’en envoyer !

les 15 premiers jours de stage

Le siège depuis la rue

  Voilà un peu plus de 2 semaines que je suis arrivée à Jakarta. 2 semaines très positives !
Le siège de l’asso se situe dans un quartier au sud de la monstrueuse métropole (RIP mes poumons), et l’annexe où je loge avec d’autres collègues est à quelques ruelles verdoyantes de mon lieu de travail. L’ambiance bon enfant et archi-détendue ne nuit pas à productivité de l’asso, très sérieuse et compétente selon moi.

Faute de préparation préalable pour une meilleure connaissance du KPA avant mon arrivée, j’engrange chaque jour une quantité d’infos assez impressionnante sur l’historique, les projets en cours, les secteurs et zones d’intervention, le système d’acteurs interne et externe (huhu dédicace GTDD). La plupart du temps en indonésien et un peu en anglais, ce qui rend la chose un peu déroutante mais à la fois très enrichissante.

Le maître mot depuis mon arrivée, c’est “Santai” (prononcer san’taï). Ça veut dire “à l’aise”. En d’autres mots, je dois faire des efforts pour m’adapter à la mentalité, à l’attitude, la notion du temps et au rythme de travail nouveaux. Les proverbes “chaque chose en son temps”, “à chaque jour suffit sa peine”, etc. sont à prendre au mot.
En pratique, celà implique que si on prolonge la pause café de 45min pour parler déforestation, c’est pas du temps gâché. Et ça donne au quotidien une autre saveur, loin de notre intensivité occidentale.

la pause en question

Le secrétariat national est composé d’une petite quinzaine de personnes : Iwan et Dewi, respectivement secrétaire général et vice secrétaire, 3 chouettes filles pour l’administration/compta, et une poignée de gais lurons idéalistes fraichement sortis ou encore en facs de droit/socio/anthropo/relations inter; répartis en 4 départements : “recherche et campagnes”, “renforcement des organisations paysannes”, “plaidoyer”, “réseau”.
Plus 11 responsables régionaux qui représentent les 193 syndicats paysans/associations de pêcheurs/d’indigènes/ONGs locales. Un beau cocktail.


L’open-space du premier étage avec mon bureau
se gauche à droite : Galih, Adi, Andri

Ken et Barbie Acik 🙂

A celà s’ajoute le fait que cette année, le KPA est l’hôte officiel de la branche Asie de l’ILC, (International Land Coalition), ce qui veut dire que le facilitateur régional occupe un bureau à côté du mien et que j’apprends moult choses sur cette grosse organisation.
Depuis mon arrivée, j’ai eu le temps d’assister à plein d’évènements : réunions, conférence de presse, débriefings de projets. Et de renouveler ma garde robe car mes fringues de hippie ne se confondent pas trop au décor du siège national.

Quelques projets du KPA :

Débriefing d’un atelier

– Le but ultime, c’est de faire appliquer la loi UUPA n°5 1960, relative au maintien de l’agriculture locale et extensive. La loi a été écrite mais jamais promulguée (je sais pas si c’est le mot adéquat). Au bénéfice des compagnies étrangères venues investir l’archipel en masse, enrichissant le gouvernent et l’import/export; entrainant la perte des droits fondamentaux et la précarité des travailleurs du secteur primaire. Les élites politiques, souvent corrompues par l’appat du gain, ne sont pas vraiment soucieuses du bas de l’échelle…
– Protéger les victimes de conflits agraires, souvent des dirigeants des affiliations locales, avec un support juridique adapté et des visites régulières sur le terrain. Former et sensibiliser les futurs juristes à la question agraire au travers de séminaires.
– Diffuser l’information, que ce soit au niveau national ou international : répertorier les conflits, produire des rapports, utiliser et enrichir le réseau d’organisations similaires relatives aux Droits de l’Homme, à la prévention de la corruption (Kontras), à la protection de l’environnement (WALHI : les Amis de la Terre en Indonésie), etc.
– Intégrer la question du genre dans la problématique agraire au travers de formations au siège tous frais payés, destinées aux femmes d’agriculteurs, indigènes, étudiantes (nouveau but depuis 2013).

Toutes les réunions officielles, souvent longues,
sont accompagnées de snacks locaux 😉

Pendant mon temps libre ?
Je termine mes travaux de master à rendre (procrastination quand tu nous tiens), je papote et me promène avec les collègues qui sont un peu aussi mes colocs/frères et soeurs, toujours aux petits soins pour moi 🙂
Le tout sur un fond de discussions philosophico-polito-sociologico-militantes.
Hidup petani !

Conférence de presse tenue par plusieurs ONG de Jakarta. Tout à droite, Dewi.
thème : la prévention de la corruption en vue des prochaines législatives, le 19 avril.